Petite lecture sympa !

"Les nuits de laitue" de Vanessa Barbara est un petit livre sympa. L'histoire se passe au Brésil dans un quartier peuplé de personnages loufoques et attachants qui cachent un secret qui ne sera révélé que dans les dernières pages.

Parmi les personnages hauts en couleur, il y a Anibal le facteur et Ada, la femme d'Otto.
Voici une sélection d'extraits :

P.47 : Anibal le facteur n’avait jamais songé au mal même si c’était le facteur le plus désastreux de tout le bureau de poste. Il confondait pratiquement toutes les maisons, donnant à Ada ce qui était pour Iolanda, à la pharmacie ce qui était pour Mariana, etc. Il distribuait à tort et à travers paquets, factures et lettres d’amour. Certains habitants n’ayant pas la force de se révolter, finirent par entamer une correspondance avec des inconnus, créant ainsi du lien social entre voisins.
Pour Anibal, tant qu’il pourrait chanter à pleins poumons et saluer tous ceux qu’il croisait en distribuant ses lettres, il considérerait sa mission comme accomplie. Chanter l’aidait à passer le temps, à se divertir, et peu importait qu’il soit question dans la chanson des petits oiseaux ou d’hygiène buccale. Son grand bonheur c’était de chanter à tue-tête et de crier « Courrier ! » au beau milieu du couplet.

p.53 : Ada s’était entichée du mot « vachement » que du jour au lendemain elle s’était mise à utiliser à tout bout de champ. Cette nouvelle manie avait le don d’horripiler Otto son mari, qui tint à s’informer sur la signification et les origines du mot en question. Ada s’en alla d’un pas résolu consulter sa voisine Mariana, qui après tout, avait étudié à l’université ! Elles émirent ensemble deux hypothèses étymologiques. La première, de nature kilométrique : dans « c’est vachement loin », il s’agit de traduire l’idée d’une distance excessive, au point que même une vache serait épuisée avant de l’avoir parcourue. Et quand on dit : « il y a vachement à manger », c’est pour évoquer une quantité de nourriture qui suffirait à rassasier un bovin....

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